Poetry music and performance

Poetry, Music and Performance / Poésie, musique et performance

University of Birmingham, UK

This workshop took place on 11-12 July 2014. Please see below for photos and abstracts.

The day ended with a wonderful improvised performance of music inspired by the poetry of Yves Bonnefoy:

Composer: Thierry Machuel, musicians: Caroline Chassany, Jean-Luc Tamby and Emilie Yaouanq Tamby.

Cet atelier a eu lieu le 11-12 juillet 2014. Pour regarder le photos et lire les résumés des communications voir ci-dessous.

Une performance improvisée magnifique de musique inspirée par la poésee d’Yves Bonnefoy a suivi la journée d’études :

Compositeur : Thierry Machuel, musiciens : Caroline Chassany, Jean-Luc Tamby et Emilie Yaouanq Tamby.

 

Programme

11 July / 11 juillet, Hornton Grange

9.30-10.00 Welcome and Introduction / Accueil et introduction

10.00-11.15

Jean-Luc Tamby, ‘Yves Bonnefoy et Thierry Machuel : L’esthétique musicale du poète et le métier du compositeur’

Emilie Yaouanq Tamby, ‘ “L’alliance de la poésie et de la musique”. Yves Bonnefoy mis en musique par Thierry Machuel’

11.15-11.45 Coffee / Pause café

11.45-13.00

Marie-Clotilde Roose, ‘Approche phénoménologique des interactions entre poésie et musique selon 3 postures : lecteur, auditeur, auteur. Brève étude de cas’

Franck Leibovici, ‘Des partitions’

13.00-14.00 Lunch / Déjeuner

14.00-16.00

Anne-Christine Royère et Gaëlle Théval, ‘Le texte, le son, l’action, dans les “litanies du banal” d’Anne-James Chaton’

Jeff Barda, ‘La fabrique de l’hexis. Remarques sur quelques poètes sonores contemporains’

Emma Wagstaff, ‘La “re-physication de la pensée”. Poésie, performance et le cas de Philippe Beck’

16.00-16.30 Tea / Pause thé

18.00-19.00 Concert

The Dome, Bramall Music Building, University of Birmingham

Thierry Machuel, Music inspired by the poetry of Yves Bonnefoy / Musique inspirée par la poésie d’Yves Bonnefoy

performed by / interpretée par Thierry Machuel, Jean-Luc Tamby, Emilie Yaouanq et Caroline Chassany

More information / Renseignements supplémentaires

 

12 July / juillet, Lucas House

10.00-12.00

Discussion of plans for further research following the end of the network’s activities /Discussion des directions futures de recherche suite à la fin des activités du réseau.

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Photos courtesy of Marie-Clotilde Roose.

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Résumés des communications

Emilie Yaouanq Tamby, ‘Yves Bonnefoy mis en musique par Thierry Machuel’

Thierry Machuel a, au fil de sa carrière, mis en musique pour chœur, différents poèmes d’Yves Bonnefoy. Nous nous proposons d’écouter la lecture que le compositeur nous offre de ce poète, principalement dans l’une de ses œuvres, La Parure éphémère (op. 41, 2006), composée sur quatre poèmes de Début et fin de la neige (1989). Comment la musique relaye-t-elle, par ses propres moyens, le questionnement sur le temps, l’instant, la durée, la mort, qui imprègne le recueil d’Yves Bonnefoy ? En quoi la composition pour chœur fait-elle particulièrement écho à la poétique de la « voix » du poète français, recherche d’un en-deçà ou d’un au-delà du langage ?

 

 

Jean-Luc Tamby, ‘Yves Bonnefoy et Thierry Machuel : L’esthétique musicale du poète et le métier du compositeur’

 

La poésie d’Yves Bonnefoy tient une place importante dans l’œuvre de Thierry Machuel, compositeur français qui consacre son travail à la mise en musique de poèmes contemporains du monde entier. Thierry Machuel qui a mis en musique de nombreux textes du poète, a également noué avec lui un dialogue depuis plusieurs années. Une affinité qui dépasse les moments de leurs collaborations semble donc lier les deux créateurs. C’est cette affinité que je tenterai de questionner en confrontant le principal essai théorique d’Yves Bonnefoy sur la musique et ses liens avec la poésie « L’alliance de la poésie et de la musique » avec quelques aspects du métier de compositeur de Thierry Machuel.

 

Marie-Clotilde Roose, ‘Approche phénoménologique des interactions entre poésie et musique selon 3 postures : lecteur, auditeur, auteur. Brève étude de cas.’

Depuis Bachelard et Dufrenne, la méthode phénoménologique a acquis ses titres de noblesse pour goûter, étudier le sens profond de la poésie. Le vécu y est partie prenante de la compréhension. Dès lors, pour entendre les liens entre la poésie contemporaine et la musique, le vécu est sollicité suivant les 3 postures structurant le « phénomène poétique » : lecteur, auditeur et auteur. Nous analyserons en quoi quelques poèmes sonores, accompagnés de musique, du poète-slameur belge Dominique Massaut peuvent être cités à titre exemplaire. Nous témoignerons par ailleurs d’une expérience personnelle d’écriture à double sens : de la musique vers la poésie et réciproquement.

 

Franck Leibovici, ‘des partitions’

le projet du mini-opéra pour non musiciens, débuté en 2008, consiste à mobiliser différents systèmes de notation issus de la musique expérimentale, de la danse, de la linguistique, pour traiter des masses archivales de matériaux produits par les conflits dits “de basse intensité”. leur usage permet ainsi une redescription qui fera saillir des traits de ces matériaux, jusqu’alors “vus mais non remarqués” (harold garfinkel). les systèmes de notation, dont l’écriture alphabétique fait partie, offrent ainsi une voie pour repenser le lien entre poétique et processus de production de savoir

 

Anne-Christine Royère, Gaëlle Théval, ‘« Le texte, le son, l’action » dans les « litanies du banal » d’Anne-James Chaton’

Dans cette communication seront envisagés les rapports multiples qu’entretient la poésie sonore d’Anne-James Chaton avec la musique des scènes rock et électronique, tant dans ses pratiques d’écriture que dans son actuation scénique.

Nous nous attacherons tout d’abord à replacer son travail dans l’histoire des relations entre poésie sonore et musique, telles qu’elles ont pu être théorisées à la fin des années 60 par Henri Chopin dans sa « Lettre ouverte aux musiciens aphones » (OU-Cinquième saison n°33, 1967-1968) puis synthétisées Bernard Heidsieck en 1980 ou plus récemment dans des revues comme Java ou Doc(k)s puis prolongées par Christophe Fiat dans la revue Chaoïd.

Ensuite, nous verrons comment les collaborations du poète avec des musiciens pratiquant l’improvisation ont déplacé les modalités de la lecture solo du texte écrit qui, issu d’une « littérature pauvre » fondée sur l’archivage des traces imprimées de la vie quotidienne, devient matériau sonore dans un dispositif complexe faisant de l’actuation scénique un travail de réécriture qui doit beaucoup aux procédés de l’écriture musicale (samples ou échantillonnages, boucle…). Pour ce faire, nous analyserons notamment des extraits de Décade (2012) du Journaliste (2008).

Enfin, cette analyse nous permettra de mettre au jour comment cette « lecture avec dispositif », qui combine pratique poétique et scène musicale engage une reconfiguration du lieu de la poésie.

 

Jeff Barda, ‘La fabrique de l’hexis : remarques sur quelques poètes sonores contemporains.’

Depuis la « poésie action », les lectures publiques de poésie ont connu diverses orientations qui ont eu, non seulement un effet sur les techniques d’écriture, leur ordonnancement sur la page, mais aussi sur la manière de les lire à haute voix et la façon de se mouvoir dans le corps et l’espace.

Que l’on pense aux adeptes du phonopulsionnel, aux « lectures chronométrées », à « l’altitude zéro » ou encore à la lecture « faciale », se donnent à lire à travers cette pratique, non pas comme le suggère Jacques Roubaud « un mode original/autonome/d’existence de la poésie », mais des dispositifs d’action liés aux contextes d’activation et aux usages de ces objets poétiques : le texte n’est donc plus un objet autonome où la lecture s’appréhende comme une pratique faisant partie de l’éthos du poète, elle est au contraire une manière d’agir, une hexis, une forme de vie.

 

Emma Wagstaff, ‘La « re-physication de la pensée ». Poésie, performance, et le cas de Philippe Beck’

Philippe Beck ne donne pas de «performances » poétiques. Pourtant la lecture publique fait partie intégrante de son travail et il l’a caractérisée de « re-physication de la pensée ». En plus, son recueil de 2014, Opéradiques, explore les relations entre la poésie et les arts de la scène et visuels. Il a également écrit des textes pour le livret d’un opéra, et emploie des métaphores du domaine de la musique pour décrire sa propre pratique poétique.

Cette communication considérera la performance poétique dans deux sens. Dans un premier temps, nous examinerons la proposition de Beck selon laquelle la poésie prend une forme matérielle au moment de la lecture, par le biais du corps et de la voix, et que les idées passent par cette performance. Cela correspond à son concept de la « poésie didactique ». Ensuite, nous examinerons des textes d’Opéradiques qui évoquent des images plastiques, de la musique ou de la danse, et qui sont performatifs plutôt que de constituer des ekphrasis traditionnels. Comment définir alors la performance qui ni n’interpète ni re-crée la source de son inspiration ? Et quelles sont les conséquences pour un projet de recherche – le réseau de recherche que clôt cette journée d’études – qui est censée explorer les relations interdisciplinaires qu’a la pratique poétique aujourd’hui ?

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