Poetry / new technologies

The workshop on ‘Poetry / New Technologies’ took place at the Bath Royal Literary and Scientific Institution on Friday 17 January 2014.

L’atelier ‘Poésie / nouvelles technologies’ a eu lieu à la Bath Royal Literary and Scientific Institution le 17 janvier 2014.

Programme

12.30 – 14.00 Registration/Lunch

14.00 – 15.30 Approches critiques (Chair : Emma Wagstaff)

Nathalie Wourm, La poésie YouTube d’Anne-James Chaton et Andy Moor

Nathalie Dupont, Engins dispoétiques, objectiles activés : pièces à trucs et trucmuches

Jeff Barda, Poétique du skate-board: cinéma et poésie dans Flip-book de J. Game

15.30 – 16.00 Tea/Coffee

16.00 – 17.00 Approches critiques/Pratiques créatrices (Chair : Nina Parish)

Alessandro De Francesco, Ecriture Augmentée

Jerome Fletcher, …Reusement: Performing Bilingualism

17.00-17.30 Discussion/Table-ronde

***

Abstracts :

Jeff Barda, Poétique du skate-board: cinéma et poésie dans Flip-book de J. Game

Dans le cadre de cette intervention, je souhaiterais étudier les relations entre cinéma et poésie dans le travail de Jérôme Game. Dans Flip-Book, l’auteur fait le récit des films vus et revus, redouble le scénario grâce à la voix off qui accompagne le recueil de poèmes. Bien que le texte ne se compose d’aucune image, le livre se conçoit littéralement comme un « écran » dans lequel le cinéma se projette. Quelles techniques exploite Game? Comment l’auteur revisite les codes propres à la syntaxe cinématographique? Quel modes de connaissance s’inventent au sein de cette syntaxe disruptive? Quelles expériences cognitives génère son écriture?

Jeff Barda prépare une thèse sur la poésie contemporaine à l’Université de Cambridge sous la direction de Dr Jean Khalfa. Il s’intéresse aux techniques d’écriture dans la poésie depuis les années 70 à nos jours.

Alessandro De Francesco, Augmented Writing

In this paper I will try to explore some crucial poetological and epistemological implications of my writing device Augmented Writing. This device investigates the limits of the sayable, the relation between writing and information, the role of writing in the era of mass-media and technology and the ways in which mass-media and technology shape narration.

http://www.augmentedwriting.com

Alessandro De Francesco (1981), poet and artist, is a recipient of the French Centre National du Livre writing fellowship and is an artist-in-residence at the European Graduate School. He has taught at the Écoles Normales Supérieures of Paris and Lyon. He holds a PhD from the University of Paris-Sorbonne. Among his books: Lo spostamento degli oggetti (Cierre Grafica, 2008), Redéfinition (MIX., 2010), Augmented Writing (La Camera Verde, 2013).

Alessandro De Francesco, Écriture augmentée

Dans cette communication j’approfondirai certains enjeux poétologiques et épistémologiques du dispositif d’écriture que j’appelle Écriture augmentée. Ce dispositif questionne les marges du dicible, le rapport entre écriture et information, le rôle de l’écriture dans l’époque des médias et de la technologie et la façon dont ces derniers influencent les stratégies de la narration.

http://www.augmentedwriting.com

Alessandro De Francesco (1981), écrivain et artiste, bénéficie de la bourse de création du Centre national du livre et est artiste en résidence à l’European Graduate School. Il a enseigné entre autres aux Écoles normales supérieures de Paris et de Lyon. Il est docteur de l’Université Paris-Sorbonne. Parmi ses livres : Lo spostamento degli oggetti (Cierre Grafica, 2008), Redéfinition (MIX., 2010), Augmented Writing (La Camera Verde, 2013).

Nathalie Dupont, Engins dispoétiques, objectiles activés : pièces à trucs et trucmuches

Dans certains de ses quartiers, au tournant de ce siècle, la machine-poésie paraît  s’être irrémédiablement emballée. C’est que ses opérateurs les plus radicaux, partis en java, ont délaissé les doctes sœurs et transféré leurs pénates vers d’autres doc(k)s, dans de nouvelles « zones d’intérêt poétique » (ZIP), où la poésie, relayée par une trame visuelle ou sonore, déborde le cadre matriciel de la page et perd jusqu’à son nom. En effet, en ouvrant le champ poétique à divers croisements médiatiques, ce ne sont plus des « poèmes » que l’on donne à lire, mais bien plutôt des « Objets Verbaux Non Identifiés » (OVNI), des « Objets Littéraires Plastiques » (OLP) ou encore des « Installations Déréalisantes d’Objets » (IDO). Au lieu d’accorder leur mécanique d’écriture sur des rouages littéraires classiques, les pratiques dégénérées de Christophe Hanna, Vannina Maestri, Manuel Joseph et Anne-James Chaton, parmi d’autres, motive le poétique d’une énergie disloquante capable d’entraver les représentations dominantes, les certitudes épistémologiques et les savoir-faire collectifs. À travers le cut-up ou la répétition sérielle d’énoncés triviaux ou obscènes, ou encore par le biais de la permutation des signifiants et le parasitage des codes, leurs ouvrages inclassables détournent de leur cadre sociohistorique des échantillons de la culture dominante – énoncés grammaticaux, formulaires administratifs, bribes de l’actualité médiatique, séquences filmiques – pour révéler, comme l’explique O. Quintyn dans Dispositifs/Dislocations, les « implicites idéologiques dont ces matériaux sont porteurs » (124). Ce faisant, ces objets impertinents opèrent, selon lui, « un déplacement stratégique quant aux formes et à la fonction de l’écriture poétique » (137) et provoquent « une déstabilisation de notre réception passive du réel » (129), que la spectacularisation systématique des données mass-médiatiques a tôt fait de banaliser.

S’ils ne sont pas étrangers aux propositions avant-gardistes « négativistes » qui les ont précédés, les objets verbaux apparus sur la scène littéraire après 1988, suivant l’onde de choc de L’Art poétic’ de O. Cadiot, se reconnaissent plutôt, tel que le précise Ch. Hanna dans Nos dispositifs poétiques, à leur propension « à se saisir des formes mêmes des langages dominants pour en faire la matière première de l’écriture critique » (52) et engager de ce fait leurs pratiques dans l’élaboration d’un « méta-usage fondé sur l’activation » (53), plutôt que la stricte négation. Ainsi, lorsqu’elles se conjuguent sous un mode analytique, ces poésies critiques constituent de formidables « outils d’inquiétudes sémantiques et de méfiance sociale » (68). Sur ces pentes révolutionnaires, aux outils succèdent les armes, elles-mêmes transmuées par une « ritournelle anti-théorique » (Ch. Fiat) en « objectiles », dans une production balistique prête à faire une entrée fracassante dans la langue pour y miner les représentations codifiées et les modes de réception contrôlés. Mais à quels prix et avec quels effets ? Quelles stratégies de sortie, quelles tactiques, l’un et l’autre de ces opérateurs privilégient-ils pour échapper au piège d’une rhétorique récupérative de ses propres gestes négatifs ?

Docteure en littérature française de Duke University, Nathalie Dupont est professeure adjointe à Bucknell University où elle enseigne la littérature moderne et contemporaine. Ses recherches portent sur les formes de la déviance dans l’imaginaire poétique et narratif. Elle a co-dirigé avec Éric Trudel l’ouvrage collectif « Tout peut servir ». Pratiques et enjeux du détournement dans les discours littéraires des XXe et XXIe siècles (Presses de l’Université du Québec, 2012) et elle a signé divers articles sur les pratiques poétiques de 1968 à nos jours, entre autres celles de Christian Prigent, Valère Novarina et Olivier Cadiot.

Jerome Fletcher, …Reusement: Performing Bilingualism

Starting from a presentation of one of his own digital textpieces, one based on texts by Michel Leiris, Jerome Fletcher will consider some of the compositional and interpretative questions which arise from this work. In particular he will argue for the fundamental performativity and multilingualism of digital literature. This entails consideration of such notions as the position of the digital subject, the location of various writing modes within the digital apparatus and translational processes within digital text. He contends that in order to give a full account of digital literature we can no longer simply apply the traditional categories of literary theory but need to develop hybrid forms of discourse drawn from a number of disciplines and practices.

Jerome Fletcher is Associate Professor of Performance Writing and the award leader for the MFA at Falmouth University. His research centres on the performativity of digital textwork and his writing practice is also situated within this field. His Pentimento was short-listed for the New Media Writing Prize in 2012, and The Fetch was recently performed at the Centre Pompidou, Paris. His performance works are collaborative and multimodal, comprising live voice, projection, digital text generation and sound. He has performed at the Barbican London, Kunsthalle Vienna, Kunsthaus Bregenz, Leo Koenig Gallery New York, as well as in Naples, Moscow, Barcelona. Madrid and Prague. As a page-based writer he has published children’s books with OUP, Scholastic and Corgi, literary concept books and a translation of a French novella. His books have been translated into nine languages. He has also made artist’s books and experimental texts. He is presently editing an upcoming issue of the Journal of Writing in Creative Practice on performance writing and an issue of Performance Research Journal on Digital Writing.

Nathalie Wourm, La poésie YouTube d’Anne-James Chaton et Andy Moor

Où va la poésie ? Il semblerait qu’elle se dilue de plus en plus au contact d’autres disciplines, dans maintes expérimentations technologiques. Plus elle sort du livre, plus elle semble se perdre. La poésie est-elle en voie d’extinction au nom de l’hybridité post-moderne, de la post-poétique ? Je vais me concentrer sur quatre vidéos uploadées sur YouTube par le poète Anne-James Chaton et le musicien expérimental anglais Andy Moor, en octobre et novembre 2012, quatre poèmes de l’ère technologique intitulés « Métro », « Not Guilty », « Sul Volo » et « Une Histoire d’Aviation ». Il s’agit d’une triple collaboration, les textes étant écrits et lus à haute voix par Chaton, avec un accompagnement à la guitare électrique de Moor, et des montages vidéos de la cinéaste iranienne Bani Khoshnoudi. La publication de ces œuvres est exclusive à YouTube. Seuls le texte lu à voix haute et la musique sont parus avant, dans une série de quatre quarante-cinq tours appelée Transfer Series. Mais les films de Khoshnoudi n’étaient projetés que lors des représentations de Chaton et Moor en live, et ne figurent pas sur DVD. Alors quel est le sens d’une publication sur YouTube ? Qu’est-ce que la poésie Google ? Est-ce la poésie du non-lecteur, de l’illettré ? Pourquoi les accords électriques discordants et les images remixées ? Un vent de fraîcheur souffle sur la poésie. L’importance littéraire de ces quatre poèmes est considérable, aussi bien politiquement qu’esthétiquement.

Nathalie Wourm’s current research and publications are in the field of contemporary poetic practice in France. She is particularly interested in the influence of post-structuralist thought on contemporary poetry, and the way in which this is leading to a redefinition of the literary activity in form and content. Authors studied include Pierre Alferi, Olivier Cadiot, Anne-James Chaton, Christophe Fiat, Jérôme Game, Christophe Hanna, Vannina Maestri, Anne Portugal, Nathalie Quintane, and Eric Sadin. She has also published in the fields of comparative literature and literature in English, especially in relation to Symbolism and Modernism. She is co-founder and co-director of the research centre Birkbeck Research in Aesthetics of Kinship and Community (BRAKC) <http://www.bbk.ac.uk/brrkc/>.

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